Aux portes du Fouta

Mon voyage commence aux portes du Fouta, dans la dernière grande ville lorsque je descends du bus pour prendre un petit déjeuner.
Je suis alors confronté à une grande misère. Des enfants se baladent avec des bassines vides et mendient de l’argent, du riz, du sucre…

Dans les villages du désert, l’accueil est complètement différent. Nous sommes attendus. Les gens chantent et jouent de la musique sur des bidons vides ou même des gamelles.
Je suis gêné et surpris de cette rencontre. On nous offre à manger, à boire et personne ne quémandé la moindre chose.
Je me rends très vide compte de la rudesse de la vie sur place…le sable à perte de vue, la nuit si noire avec la lune pour seul éclairage, le jour si chaud et sec et la nuit si froide.

L’eau est sûrement ma première grosse rigolade dans le village de Taredji.
Après avoir fait la fête avec les villageois une partie de la nuit (ou pas d’ailleurs car nous n’avions aucune notion de l’heure une fois le soleil couché), l’envie de prendre la douche se fait sentir.
Avec Vincent (président de l’asso), nous sommes les deux derniers à y passer.
La douche, ou plutôt 4 murs et un seau rempli d’eau avec un petit pichet en plastique qui fait office de pompe de douche.
Suite à notre grande galanterie, le seau est vide. Nous voilà donc en direction du puits, à l’aide de nos frontales, bien décidés à refaire le plein.
Au fond du puits (foré à peine à 70m), nous voyons le reflet de nos lumières.
J’empoigne la corde rêche et brulée par le soleil, je lâche corde et seau dans le vide et attends que l’écho me renvoie le « plouf » .
Puis la remontée, 10kg c’est pas très lourd mais sur 70m ça se sent.
A l’arrivée, surprise! J’ai perdu la moitié de mon liquide précieux. On rigole un peu et c’est au tour de Vincent.
Chacun sa technique…il opte pour un mouvement plus rapide. Mais, quand le récipient arrive, pas une seule goutte à l’intérieur.
Pris de fou rire, un villageois nous entend et vient nous aider. Il remplit notre seau en quelques minutes.

Ce voyage fut exceptionnel non pas seulement par le fait que c’était un voyage humanitaire avec plusieurs projets comme l’installation d’une école ou l’irrigation de cultures et surtout tous les préparatifs en amont sur ces long mois…
Mais finalement, malgré toutes ces heures de boulot c’est tout le reste que je retiendrai…les soirées à se balader dans les villages avec mon pote Alex (une belle rencontre de ce voyage), se retrouver dans une case à boire le thé avec une dame que j’appelle « maman », ces moments de danse avec la population féminine locale, le sable avalé au quotidien à cause du vent, grimper en haut d’un château d’eau sur une échelle à peine rouillée…
J’ai aussi rencontré l’équipe Freesalsa Sénégal avec qui j’ai appris beaucoup sur les coutumes locales et avec qui j’ai partagé mes courtes nuits sur place toujours dans la joie et le thé.

J’ai ressenti la dureté du quotidien de ce peuple Peul mais ils ont une vie belle, ils sont là les uns pour les autres.
Nous leur amenons juste de quoi leur faciliter un peu la vie.
Finalement, je me demande si on ne prend pas plus une leçon d’humanité quand nous y sommes.
Le peuple Peul apprécie le changement de rythme qu’on leur impose. Chaque année, ils attendent notre retour, non pas pour ce que nous amenons, mais pour rompre la monotonie de ce désert si chaud et si hostile.

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