Les villages du Fouta
Pour les plus intéressés, passionnés, curieux d’entre vous, je vous propose de découvrir notre zone d’actions au Sénégal.
Nous intervenons en territoire Fouta-Toro, une zone au nord Sénégal.
Le Fouta-Toro est un ancien royaume et un territoire historique bordant la rive gauche du fleuve Sénégal entre Dagana et Bakel à la frontière de la Mauritanie.
Les habitants du Fouta-Toro sont appelés les Foutankobé .
Actuellement nous intervenons dans plusieurs villages du canton, et il faut comprendre qu’ils se considèrent entre eux, comme une seule et même famille.
Les villages qui composent le canton de Dékhole Taredji sont : Taredji, Diundu, Mafre, Alana, Belel-Kele, Hiwirgo, Gawde Boffe, Biddy, Winde Boki.
Le canton où nous effectuons nos missions s’appelle Dékhole-Taredji dans le département de Podor, Il fait partie de la communauté rurale de Guédé- village, principalement habité par les communautés Peul et Toucouleurs.
Les Peuls (ou Fulbés, comme ils se nomment eux-mêmes) sont des bergers nomades. Leurs origines passionnent les africanistes. Descendant de la haute noblesse Egyptienne Pharaonique, ils se seraient installés en Sénégambie, où ils y auraient prospéré. Entre les XVIIème et XIXème siècles, une fantastique épopée fera d’eux un des peuples des plus entreprenants, occupant encore un immense espace dans la partie centrale de l’Afrique.
La population vit principalement de l’agriculture, pour ceux qui résident près du fleuve Sénégal ou autres rivières (Doué, etc.) ou de l’élevage pour ceux plus à l’intérieur des terres.
Ils partagent l’usage de la langue Peul, le Pulaar, avec les Toucouleurs. L’ensemble est désigné par le nom « HaalPulaaren » : Ceux qui parlent le Pulaar.
La tradition orale indique quatre patronymes originaux : les Bâ, les Sow, les Diallo, les Bari, ayant donné des dérivés.
Taredji
Donaye Taredji est un village du Sénégal, situé à 9 km de Podor dans la vallée du fleuve Sénégal.
Taredji est notre village d’accueil, et tout commence toujours ici, puisque ce village est au bord de la route nationale.
L’ ensemble de notre matériel, de vos dons, arrive donc dans ce village qui chaque année, nous met à disposition des locaux de stockage.
Le tri du matériel, les répartitions, les achats alimentaires, les artisans pour nos projets et les réunions avec tous les chefs de villages se font au sein de ce village.
Taredji compte environs 4000 habitants, et même si les conditions de la population pourraient être largement améliorées, Taredji possède l’eau, l’électricité, des écoles et des commerces.
Une école primaire de 8 classes dont 2 abris provisoires, équipés en manuels scolaires.
Nous avons donné au dispensaire, un don de lit de maternité et autres dons.
Pour le forage, équipé d‘une Vanne pour résorber les fuites d’eau , et nous étudions la possibilité d’améliorer leur parc solaire.
Taredji possède un collège et un club de sport, nous avons donc fourni une grosse quantité de matériel scolaire et sportif pour les enfants du village.
Doté d’un lot de 10 ordinateurs, le comité des parents d’élèves de l’école est en train des’organiser pour la construction d’une salle de cours informatique, afin de permettre aux élèves de se familiariser avec l’outil et ainsi réduire le fossé numérique existant entre les villes et les campagnes.
Cazi & Abdul
Dioundou
Dioundou manque de tous. Pas d’électricité, pas d’eau potable, pas de case de santé et surtout pas d’école, ce qui est actuellement leur demande prioritaire.
Nous avons cette année avec l’aide de Franck Lamolie installé une pompe et un système d’irrigation pour l’agriculture.
Un abri provisoire a été fabriqué par les habitants du village afin de pouvoir accueillir un professeur.
Nous venons d’apprendre que c’est chose faite, nous avons donc pour projet de scolariser l’ensemble des enfants de ce village le plus rapidement possible.
Abdul travaille à la pérennisation des investissements faits par freesalsa dans ce village.
Dioundou est un village situé sur la route allant de Taredji vers Podor.
Il est situé en bordure de la rivière « doué ». De ce fait, la première source de revenue du village est l’agriculture.
Faute de matériel, les habitants du village ne pratiquent pas la pêche. Nous avons pu ramener cette année une grosse quantité de matériel (cannes, fils, hameçons, leurres etc…) que la société Pesca Extremadura en Espagne nous a gracieusement offert et nous comptons étudier la question de manière plus approfondie pour nos prochaines missions.
Mafre
Le village de Mafre, « notre quartier général », est le premier village sur la piste du désert du canton de Dekhole.
C’est ici que nous installons nos quartiers, nous partons chaque matin afin de mener nos missions dans les autres villages et nous revenons chaque soir pour y dormir.
Le village de Mafre possède déjà une école, de ce fait nous y amenons, chaque année du matériel scolaire.
C’est dans ce village que nous avons remplacé la pompe défectueuse qui alimente en eau l’ensemble des besoins, construit un hôpital et la maison du médecin.
L’école, l’hôpital et la maison du médecin sont à ce jour électrifiés, merci à notre responsable technique Bertrand Dupouy, de l’association électricien sans frontière et au CDFP de Podor qui réalise l’ensemble des travaux électriques de nos constructions.
Ce village vit essentiellement de l’élevage, chèvres et vaches et si parmi vous quelqu’un souhaite changer de vie, sachez que le chef du village nous à offert un grand terrain en plein désert !
A vous de voir…
Conseil d’Abdul, travailler à la pérennisation des investissements de Freesalsa avant tout autre programme d’investissements supplémentaires dans ce village.
Alana
De ce fait, l’idée est d’améliorer les bâtiments déjà existants sur le village de Mafré et de mettre en place un ou plusieurs systèmes de transport entre les deux villages :
Des cuves sur remorque pour l ‘eau.
Des charrettes, pour le transport scolaire ou pour pouvoir transporter les malades vers l’hôpital.
Etc…
Si nous le pouvions, l’idéal serait de mettre en place un réseau hydraulique d’adduction d’eau à partir du forage de Mafré et mettre une borne fontaine dans le village.
Alana est un des plus petits villages du canton de Dekholé. Il est constitué de plusieurs petits hameaux situés à 2 ou 3 kilomètres de Mafre. Ce village ne possède ni école, ni case de santé, ni eau, ni électricité.
Alana possède un puits, mais malheureusement l’eau y est salée, impropre à la consommation.
Le coût pour installer des infrastructures, correspondant à la moitié de leurs besoins, serait rapidement exorbitant.
Belel Kele
Belel Kele est un village qui s’est bien développé, il possède l‘eau, une école, une case de santé et les habitants ont mis en place un magnifique maraichage.
Pour le moment nous ne prévoyons pas d’y faire de gros travaux mais de les réapprovisionner chaque année si possible en matériel médical, scolaire, et agricole.
Hiwirgo
En effet, n’ayant aucune vraie structure, le gouvernement n’a pas encore détaché de professeur sur ce village, c’est donc des centaines d’enfants qui ne savent ni lire, ni écrire et qui commencent à travailler avant l’âge de 10 ans.
Lors de notre deuxième passage à Hiwirgo , nous avons constaté que les tempêtes de sable s’étaient invitées sur cette « école ».
Vous l’aurez compris, nous avons naturellement placé la construction d’une école avec électricité, en tête de nos prochaines missions.
Hiwirgo est l’un des derniers villages que nous avons découvert.
Il possède une petite case de santé, un puits, ils ont un petit maraichage qui demande à être amélioré puisque leurs barrières de bois ne permettent pas toujours de maintenir le bétail et les animaux sauvages hors de l’enclos.
Lors de notre premier passage dans ce village, nous avions été frappés par le nombre impressionnant d’enfants.
Et nous avons pu visiter une construction en plein désert, un abri de fortune permettant de rassembler les enfants du village et ceux des hameaux alentours afin de leurs donner un semblant d’éducation.
Je vous laisse le trouver sur la photo suivante…
Gawde Boffe
Le village de Gawde boffe, c’est forcement pour nous un gros coup de cœur. Notre aventure humanitaire sur le sol sénégalais a commencé ici, dans ce village.
En effet, le premier Salsafrica organisé en 2008 était fait pour recueillir les fonds nécessaires à l’achat d’une pompe pour alimenter ce village en eau.
Et quelle pompe ! Il nous aura fallu 3 ans pour réunir la somme de plus de 20000 euros, nécessaire à l’achat du matériel et à la construction des infrastructures d’alimentation en eau.
Le village de Gawde boffe a donc connu par la suite de nos actions, un essor considérable. Les habitants qui avaient fuit le village par manque de moyens y sont revenus. Le nombre de naissance, le commerce, sont en progression constante.
Mais ce n’est pas fini…
C’est lors d’une visite de nos installations, que nous avons rencontré ce petit garçons malade, qui quelques temps plus tard, deviendra le protégé de centaines d’élèves, « Djiby »…
Je vous laisse découvrir cette histoire folle dans l’article Djiby
Biddy
Biddy est le plus grand village après Taredji que nous connaissons, à ceci près qu’il est situé en plein désert, loin de toute route.
Mais malgré ces conditions extrêmes, ce village possède, écoles, case de santé, électricité et eau, de ce fait ils accueillent et offrent aux hameaux et villages alentours la possibilité d’utiliser leurs infrastructures. C ‘est pourquoi leurs besoins en matériels scolaire, hospitalier,etc. est très important.
Nous continuerons donc chaque année de leur porter un maximum de matériel possible.
L’idéal, d’après notre responsable terrain Abdul, serait de construire un collège d’enseignement moyen en partenariat avec le conseil Départemental.
Déjà dans les démarches, Abdul nous tiendra au courant dès qu’il aura l’aval du conseil et tous les papiers administratifs qui vont avec.
Le conseil met déjà à notre disposition son dossier d’exonération de taxes pour tout matériel à amener prochainement.
Windé Boki
Windé Boki est le village le plus reculé du canton de Dekhole. La première fois que nous nous étions arrêtés dans ce village, les habitants nous avaient attendu toute la journée, mais le temps dans le désert s’écoule différemment… réunions officielles, visites, repas, enfants, etc… faisaient que nous étions arrivés tard dans la nuit .
Nous avions été accueillis comme des rois dans cette nuit complétement noire ou les étoiles brillaient bien plus qu’ailleurs, seules les marmites sur le feu éclairaient partiellement quelques visages de femmes et d’enfants.
Nous avions donc fait une réunion dans un noir total, sans voir de visage, nous avions mangé et nous étions repartis comme des voleurs sous les cris des enfants qui nous chantaient : « Merci, merci ! » pour notre venue.
Les habitants ont donc construit une école faite de bois et de paille, et quand ce jeune homme de Saint Louis, arrive pour sa première affectation dans ce village, il nous raconte avec le sourire.
« Pas d’eau, pas d’électricité, pas de matériel scolaire ni sportif, pas de lit, pas de famille, pas d’ami, rien pour se soigner, des scorpions, des araignées grosses comme la main, et en plus on capte pas, bref… Je ne vais pas pouvoir rester. »
Mais Papa s’est attaché aux enfants, aux habitants, c’est avec passion et force qu’il raconte à Jade ce qu’est la vie d’un professeur dans le désert, mélangeant autorité et sourire bienveillant, Papa dirige l’éducation de la population entière avec une générosité et un engagement rare.
De ce fait, lors de notre second voyage, nous avons pris le parti de rattraper cela et nous avons passé une journée complète dans ce village, qui bien sur nous a accueillis avec la même intensité.
Winde boki c’est, pas d’eau, pas d’électricité, pas d’école, pas de case de santé et les habitants doivent même quitter le village à la saison la plus sèche pour migrer avec le bétail. Comme ils nous l’ont expliqué sur place, quand tu n’as rien, la priorité reste de manger, alors on suit le frigo.
Mais ce village a eu dernièrement de la chance, le gouvernement leur a attribué un professeur, Papa Madior Fall.
Alors oui, cette année nous les avons gâtés. Nous avons, grâce à Jean louis et Chantal Delage, élèves et généreux mécènes, pu construire une école pour Papa et les enfants. Nous avons apportés une très grosse quantité de matériel scolaire, des balançoires, des cages de foots, des jouets et pour être honnête avec vous, nous ne comptons pas nous arrêter là.
Pour finir je vous présente le plus vieil habitant du Fouta Toro, 105 ans bien passés mais de combien ? Il ne sait pas vraiment. Comme il dit lui même, il a la chance d’être avec une petite jeune de 99 ans.
Vous vous rendez compte, plus de 100 ans, sans eau, sans docteur, dentiste, hôpitaux… à méditer !!!